Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu en quelques années l’un des documents qui pèsent le plus sur la valeur d’un appartement et sur la possibilité de le louer. Depuis l’automne 2024, trois gouvernements successifs ont annoncé des ajustements du dispositif. Où en est-on en 2026 ? Voici ce qui s’applique aujourd’hui, ce qui a changé depuis l’annonce d’une « adaptation » du calendrier par Michel Barnier, et ce qui reste en discussion au Parlement, avec la situation au 1er novembre 2026.
Le calendrier de la loi Climat et Résilience, toujours en vigueur
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 intègre la performance énergétique dans la définition du logement décent. Elle a fixé un calendrier progressif d’exclusion des logements les plus énergivores du marché locatif :
- depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F et G sont gelés : ils ne peuvent être ni révisés, ni augmentés à la relocation ;
- depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail ;
- à partir du 1er janvier 2028, la même règle s’appliquera aux logements classés F ;
- à partir du 1er janvier 2034, aux logements classés E.
Ce calendrier n’a pas été modifié à ce jour. Les annonces successives ont porté sur le mode de calcul du DPE et sur les conditions d’application, pas sur les échéances elles-mêmes.
Automne 2024 : le gouvernement Barnier annonce une « adaptation »
Lors de sa déclaration de politique générale du 1er octobre 2024, Michel Barnier avait annoncé vouloir « adapter » le calendrier du DPE et mieux cibler l’accompagnement des propriétaires. La ministre du Logement, Valérie Létard, avait aussitôt précisé que l’interdiction de louer les passoires thermiques serait maintenue. Les propriétaires et les professionnels jugeaient alors le calendrier difficile à tenir : coût des travaux souvent supérieur à plusieurs dizaines de milliers d’euros, saturation des artisans qualifiés RGE, contraintes propres aux copropriétés.
Le gouvernement Barnier a été renversé en décembre 2024, avant que cette adaptation ne se traduise dans un texte. Une correction avait toutefois déjà été apportée quelques mois plus tôt : depuis le 1er juillet 2024, les seuils de classement ont été ajustés pour les logements de moins de 40 m², qui étaient structurellement pénalisés par le calcul. À Paris, où les studios et les deux-pièces sont nombreux, cette correction a permis à de nombreux petits logements de sortir de la classe G.
1er janvier 2026 : le nouveau calcul de l’électricité
La réforme la plus concrète est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Le DPE tient ainsi mieux compte de la production d’électricité française, largement décarbonée. Les logements chauffés à l’électricité voient leur consommation recalculée à la baisse et peuvent gagner une classe, voire davantage. Environ 850 000 logements en France seraient sortis du statut de passoire thermique grâce à ce seul changement.
Pour un propriétaire, la démarche est simple : un DPE réalisé depuis juillet 2021 reste valable, et une attestation tenant compte du nouveau coefficient peut être téléchargée sur le site de l’Ademe, sans nouvelle visite du diagnostiqueur. Avant de mettre en vente ou en location un appartement chauffé à l’électricité, c’est une vérification à faire systématiquement.
2026 : le projet de loi de relance du logement
Au printemps 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu a présenté un projet de loi de relance du logement. Il part d’un constat : le retrait progressif des passoires thermiques réduit l’offre locative, alors que la demande reste très forte dans les grandes villes. Le texte, adopté par le Sénat le 8 juillet 2026, doit être examiné par l’Assemblée nationale à l’automne. Il prévoit notamment :
- de ne constater l’indécence d’un bail en cours qu’à son renouvellement ou à sa reconduction, dans la limite de trois ans après l’échéance ;
- de créer des exemptions lorsque les travaux se heurtent à des contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, à des coûts disproportionnés ou à un refus de l’assemblée générale de copropriété ;
- de permettre de relouer un logement F ou G sous condition d’un engagement de travaux, selon les annonces gouvernementales.
Ces dispositions restent susceptibles d’évoluer pendant la navette parlementaire. Nous les détaillons dans notre article sur la relocation des passoires thermiques sous conditions. Tant que le texte n’est pas définitivement adopté, le calendrier de la loi Climat et Résilience s’applique.
Ce que cela change pour un vendeur parisien
Le DPE n’interdit pas de vendre : un appartement classé F ou G se vend, mais son prix intègre le coût des travaux que l’acquéreur devra engager, en particulier s’il envisage de le louer. Trois points méritent l’attention avant une mise en vente.
Vérifier son étiquette. Avec le nouveau calcul de 2026, un logement chauffé à l’électricité peut avoir changé de classe sans le savoir. Une étiquette améliorée change la perception des acquéreurs et la discussion sur le prix.
Documenter les travaux possibles. Un devis ou un audit indiquant les travaux nécessaires pour gagner une ou deux classes permet de négocier sur des bases objectives, plutôt que de subir une décote forfaitaire. En copropriété, le DPE collectif, désormais obligatoire pour tous les immeubles dont le permis est antérieur à 2013, et le plan pluriannuel de travaux renseignent sur les travaux déjà prévus.
Anticiper les obligations liées à la vente. Pour une maison ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, un audit énergétique doit être remis aux acquéreurs. Pour un appartement en copropriété, seul le DPE du logement est obligatoire.
Notre guide DPE : comment améliorer sa note présente les travaux les plus efficaces en appartement et en copropriété. Pour connaître l’effet du DPE sur la valeur de votre bien, demandez une estimation offerte : nous comparons votre appartement aux ventes récentes de biens de même classe dans votre quartier.
Les prochaines échéances
Trois rendez-vous détermineront les règles applicables en 2027 : le vote de l’Assemblée nationale sur le projet de loi de relance du logement, les décrets d’application qui suivront, et l’approche de l’échéance de 2028 pour les logements classés F. Pour les propriétaires bailleurs parisiens, l’enjeu est de planifier les travaux dès maintenant, en lien avec la copropriété, plutôt que d’attendre une échéance qui pourrait être aménagée mais pas supprimée.
Pour une vue d’ensemble des évolutions de l’année, consultez notre article sur les nouveautés 2026 de l’immobilier et notre bilan des statistiques 2026 du marché immobilier à Paris.

